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«La normativité de genre et ses effets sur l'enfance et l'adolescence»

Congrès scientifique international

Les normes de genre imprègnent toute la vie dès avant la naissance. Reflétées notamment par les comportements et la configuration des relations interpersonnelles, elles sont transmises dès l'enfance, avant tout par les parents/la famille, l'école et les groupes de pairs (enfants du même âge). Dans ce contexte, les enfants apprennent aujourd'hui encore des comportements typiquement associés à un rôle de genre. La question se pose alors de savoir dans quelle mesure les normes de genre constituent un cadre nécessaire ou approprié pour l'éducation des enfants et quels sont leurs effets sur les « filles », les « garçons », les « autres ». Ces « autres », le plus souvent invisibles, passent fréquemment inaperçus de l'école maternelle à la sortie du système scolaire, tant dans leurs propres familles que parmi les groupes de pairs ou à l'école.

D'autres questions en découlent : quelle marge de manouvre faut-il laisser aux enfants dans l'expression de leur identité ? Comment aider les parents à accompagner les enfants dont le comportement s'écarte des normes de genre et quel rôle le système éducatif peut-il jouer à leur égard et vis-à-vis de leur entourage ? Quelles sont les questions éthiques auxquelles sont confronté-e-s les professionnelles et professionnels de l'enfance? Existe-t-il des comportements non conformes aux normes de genre qui nécessitent une intervention psychiatrique ?

Il apparaît clairement que ces questionnements relatifs au caractère nécessaire et approprié du contenu et de la mise en ouvre des normes de genre dépassent la sphère individuelle et qu'ils sont à considérer dans leur dimension sociale. A cet égard, la vulnérabilité de l'enfant doit être spécialement prise en compte.

Jusqu'à présent, la justification des normes de genre a généralement reposé sur la supposition que l´humanité se répartit en deux sexes et qu'il existe deux sexes biologiques « complémentaires » pouvant être strictement distingués l'un de l'autre, en fonction desquels les personnes développent non seulement un rôle de genre, mais aussi une identité de genre spécifique, correspondant aux représentations culturelles. La biologie est alors avancée pour justifier les normes de genre et une éducation en fonction du genre est considérée comme nécessaire à un développement psychosocial sain. Il en résulte un élément de discussion supplémentaire : quelle signification accorder au fait que certaines caractéristiques biologiques, jusqu'à maintenant considérées comme presque immuables dans les représentations collectives, constituent encore l'un des fondements des ordres sociaux et sociétaux ?

Organisé par Transgender Luxembourg et l'Université du Luxembourg en collaboration avec le CCRN.