Prendre le large

Luxembourg, allers et retours

Prendre le large avec Pierre Joris, Gilles Ortlieb, Jean Portante, Guy Rewenig et Lambert Schlechter. Une plongée biographique et littéraire dans l'univers de cinq écrivains, pour mieux comprendre de quelle manière cet espace ouvert-fermé qu'est le Luxembourg - à la fois carrefour, tour de Babel, territoire sous l'emprise de deux grandes cultures - est créateur de fictions liées au voyage, de mythologies du proche et du lointain.

La majeure partie de la littérature luxembourgeoise, contemporaine ou plus ancienne, est traversée par des lignes de partage et de fuite. L'exiguïté du pays faisant naître l'obsession du mouvement, la dialectique rester/partir se nourrit d'un confort à la fois pesant et rassurant: base arrière pour les uns, lieu de passage ou station terminus pour les autres, le Grand-Duché est perçu tantôt comme un pays de Cocagne tranquille et douillet, tantôt comme un royaume d'ennui d'où seule l'écriture permet vraiment de s'échapper.

Pour cartographier cette constellation de l'ici et de l'ailleurs, nous avons accompagné, tour à tour, celui qui sans cesse va et vient, Jean Portante, celui qui part pour ne plus revenir, Pierre Joris, celui qui arrive et s'installe, tout en gardant ses malles prêtes pour repartir, Gilles Ortlieb,

ceux qui préfèrent le voyage immobile vers des destinations cantonnées aux rayonnages de leur bibliothèque - Lambert Schlechter et Guy Rewenig.

Bien évidemment, les lieux recensés sur les cartes de cet atlas littéraire sont plus ou moins imaginaires, cent fois arpentés et mille fois rêvés, au gré des lectures, des flâneries poétiques ou des aventures romanesques. Regardé sous cet angle, même le Luxembourg, pourtant si familier, devient une fiction, une chimère, une Atlantide, une planète à explorer.

C.C.

Organisé par le CCR Neumünster.