Céramiques de Guy Peiffer

Acte de création et acte de liberté

Exposition / Faut-il être libre pour créer ou bien faut-il créer pour être libre? La question est mal posée car l'acte de création est un acte de liberté et aucune contrainte physique ne peut l'empêcher réellement. Même derrière des barreaux, le prisonnier peut retrouver sa dignité et s'offrir une liberté grâce à la création artistique. Incarcéré depuis 24 ans, Guy Peiffer a bénéficié de cette chance unique: pouvoir sculpter, concevoir, réaliser, créer depuis sa prison. Originaires d'un monde entouré de murs et de barreaux, ses oeuvres témoignent de cette fonction libératrice de l'art.

Beaucoup y verront l'influence d'arts traditionnels, africains, océaniens ou même polynésiens, mais la vraie origine de ces ouvres est plus lointaine et plus proche, plus exotique et plus familière. Peiffer n'a jamais fréquenté un Musée consacré aux arts premiers, pourtant, son art brut est aussi authentique, aussi premier, sincère, «indispensable», que celui des artistes originaires de ces contrées ou de ces époques lointaines.

Depuis le 16 septembre, Guy Peiffer a travaillé chaque jour dans son atelier du CCRN, avant de rejoindre chaque soir sa cellule. Grâce à la coopération du Ministère de la Justice et du Centre pénitentiaire de Schrassig, cette résidence d'artiste aura été la plus extraordinaire et la plus pertinente organisée par l'ancienne prison du Grund devenue Centre Culturel de Rencontre. CF

Organisé par le CCR Neumünster.

Les sculpteurs Michel Schiltz et Emandiev Svetoslav, et le céramiste martin Spanier tous trois amis de Guy Peiffer, présenteront quelques-unes de leurs oeuvres à l'occasion de l'exposition.