Indignez-vous!

Rencontre avec Stéphane Hessel

Avec la participation de Michel Legrand, président du CPJPO, Claude Frisoni, directeur du CCRN, Simone Beck, professeur, et d'élèves de lycées de Luxembourg

Après un premier passage au CCRN à l'invitation du CPJPO, Stéphane Hessel y sera de retour pour un double événement. Tout d'abord il présidera à l'ouverture officielle des deux expositions Le chemin de l'école et Palestine, terre de non-droits de l'homme présentées jusqu'au 9 octobre dans les caves voutées (voir p. 6) avant d'intervenir dans le cadre d'un débat dont le thème reprend le titre de son petit ouvrage paru à l'automne 2010 à 8.000 exemplaires et qui vient de dépasser les 2 millions d'exemplaires: Indignez vous! Stéphane Hessel y dialoguera tour à tour avec Cl. Frisoni, S. Beck, les élèves des lycées et les participants sur les grands défis que traversent nos sociétés et les multiples manières dont chacune et chacun peut y être un citoyen éveillé, indigné, critique et engagé.

Stéphane Hessel est né en 1917 à Berlin. Arrivé à Paris en 1924, naturalisé français en 1937, il sera normalien en 1939, choisira de Gaulle et la Résistance. Il est arrêté en juillet 1944, déporté à Buchenwald puis à Dora. Après la Guerre, Hessel entre à la toute nouvelle ONU comme Diplomate. Il y trouve les moyens de participer à la construction d'un monde neuf et collaborera à la rédaction de la Déclaration universelle des Droits de l'Homme de 1948. Stéphane Hessel, qui a pris part à tous les grands moments de la vie internationale, terminera sa carrière Ambassadeur de France en 1981.

Homme de conviction, Homme de cour, Stéphane Hessel a choisi d'être un médiateur, un de ceux qui tentent toujours, sans illusions et sans découragement, de faire confiance à l'avenir. Mais il appelle aussi à une «insurrection pacifique» alors que l'écart grandissant entre les riches et les pauvres, l'état de la planète, le traitement fait aux sans-papiers, aux immigrés, aux Roms, la course au «toujours plus», à la compétition, la dictature des marchés financiers. sont motifs à indignation, tout comme le conflit israélo-palestinien. «Aujourd'hui ma principale indignation concerne la Palestine, la bande de Gaza, la Cisjordanie» écrit-il dans son opus.

«Stéphane Hessel a toujours choisi le bon camp, il a toujours été dans le courant qui allait dans le sens de la paix. défenseur infatigable et intraitable des démunis sociaux et des populations bafouées dans leurs droits légitimes... En cette période de désarroi, d'angoisses et d'incertitudes, Stéphane Hessel régénère l'espérance en régénérant la résistance à toutes les barbaries. Par cela même, il nous indique un chemin pour construire un avenir d'humanité» pouvait-on lire dans les colonnes du journal Le Monde en avril dernier dans un papier signé Edgar Morin, philosophe, Michel Rocard, ancien premier ministre, Peter Sloterdjik, philosophe et Richard von Weizsäcker, ancien président de la République fédérale d'Allemagne qui appellent à l'attribution du prix Nobel de la Paix à Stéphane Hessel.

Organisé par le Comité pour une Paix Juste au Proche Orient en collaboration avec le CCRN, l'ASTM, ATTAC, les Amis du Monde diplomatique et la Fondation Anna Lindh avec le soutien de la radio socioculturelle 100.7 et de l'hebdomadaire Le Jeudi.