La Jungle de Calais

Photographies de Chiara Debize

FR: Calais: 72 520 habitants répertoriés. On pourrait aujourd'hui parler d'une ville de plus de 76 000 habitants. Mon attachement personnel et l'obstination des médias me firent comprendre que se dégageait de Calais et de la « jungle » une véritable force qu'il était nécessaire d'explorer. Mais je voulais aborder le sujet d'un point de vue différent, ne pas me limiter à une lecture dramatique sous l'emprise de l'actualité. Je souhaite montrer que la situation calaisienne et migratoire sont un même éclat, dur et brillant, profondément ambigu et complexe mais sans être incompatibles et où la création artistique a peut-être son mot à dire. Car l'art semble être un vecteur important dans la « jungle », à la fois pour rendre une humanité aux migrants, ainsi que pour lier leur monde au reste de la ville de Calais. La culture joint ainsi deux espaces pour en créer un commun.

Partie avec un appareil photo reflex, j'ai très vite abandonné l'idée de m'en servir pour réaliser des portraits, lui préférant la prise de vue d'un simple téléphone portable. Il m'a semblé juste de produire des images moins sophistiquées et « non professionnelles » pour montrer l'intérieur de la « jungle ».

J'ai ainsi voulu mettre en lumière les lieux de cultes, les commerces, les espaces de culture et d'art que j'y ai découverts; en un mot l'éclat humain. Celui-ci est la preuve que le camp est en train de s'humaniser, de prendre ses marques face au désastre des conditions de vie dans lesquelles vit une population que l'on n'arrive plus à chiffrer précisément. C'est la preuve que ces êtres humains nous sont identiques, ils aiment et détestent les mêmes choses que les Calaisiens, que tous les hommes en général. Montrer que l'éclatement ethnique, territorial ne doit pas être aussi fort que l'éclat humain qui, lui, est positif. (Chiara Debize)

DE: Calais: 72.520 registrierte Menschen. Man könnte heute von einer Stadt mit mehr als 76.000 Einwohnern sprechen. Meine persönliche Verbundenheit und die Hartnäckigkeit der Medien ließen mich verstehen, dass von Calais und vom Dschungel eine enorme Kraft ausging und es notwendig war, diese zu erforschen. Aber ich wollte das Thema aus einem anderen Blickwinkel betrachten, mich nicht auf eine dramatische Lektüre unter dem Einfluss der Aktualität beschränken. Ich will zeigen, dass die Situation von Calais und die der Migration verbunden sind und das künstlerische Schaffen vielleicht ein wichtiger Teil ist. Denn die Kunst scheint ein bedeutender Vektor im Dschungel zu sein, um den Migranten eine Menschlichkeit zurückzugeben und um ihre Welt an den Rest der Stadt zu binden. Die Kultur verbindet in diesem Sinne zwei Gebiete miteinander, um ein gemeinsames zu schaffen. Mit einer Spiegelreflexkamera zog ich los, ließ die Idee aber schnell fallen, damit die Porträts zu fotografieren, und ich machte die Aufnahmen mit einem einfachen Mobiltelefon. Es schien mir angebracht, Bilder zu machen, die weniger gekünstelt bzw. nicht professionell sind, um das Innere des Dschungels zu zeigen. Ich wollte auf die kultischen Orte, die Orte des Handels, auf den Kunst- und Kulturbereich aufmerksam machen, die ich dort entdeckt habe; in einem Wort, das Menschliche. Dies ist der Beweis, dass diese Menschen nicht anders sind als wir, sie mögen und hassen dieselben Sachen wie die Einwohner von Calais, wie alle Menschen. Die Fotos sollen zeigen, dass Menschlichkeit die ethnische und territoriale Zersplitterung überragt. (Chiara Debize)

Organisation: neimënster